Arles: bientôt le 53ème Salon International des Santonniers

Publié le 8 Novembre 2010

 

Montrer l’art du santon de Provence dans une confrontation artistique féconde.

 

Depuis sa création en 1958 par Marcel Carbonel et les artisans santonniers avec les autorités de la ville d’Arles, le but du Salon n’a pas changé:  montrer l’art du santon de Provence dans une confrontation artistique féconde.

Avec le développement des manifestations commerciales, il est utile de préciser que le Salon d’Arles n’est pas une foire, mais bien une exposition artistique unique qui accueillera cette année plus d’une centaine d’oeuvres dans les grandes salles romanes du Cloître Saint Trophîme.

Au programme : santonniers professionnels et crèchistes amateurs, hommage à deux Meilleurs Ouvriers de France Lise Berger et Robert Canut, Moules anciens et leurs tirages de Bosco, Zapolli, Cursat, Val, Pucinelli-Meynier, thématique sur les métiers anciens et un pays invité : la Russie.

 

 

Le Salon International des Santonniers   a lieu au cloître Saint Trophime d’Arles. 

Il est ouvert tous les jours  de 10 h à 18 h du 20 novembre 2010 au 16 janvier 2011

(sauf Noël et 1er janvier) Entrée : 3,50€ - réduit 2,60€ - gratuit moins de 18 ans

 

contacts : Santonniers.arles@orange.fr 

 

 phbrochier@voila.fr

Tél : 04 90 96 22 88

 

 

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Inauguration du 52 ème Salon, novembre 2009

 

Découvertes d’un art populaire.


 La rareté, l’exceptionnel comme le scandale attire ; c’est bien connu.

Mais il faut alors savoir si le visiteur vient pour cela ou, pour regarder le travail des artistes.

L’Evènement, ou le Regard ?

L’Immédiateté, ou la Durée ; le forcément lent cheminement intérieur…

L’art se doit d’être d’abord un provocateur de sens, un agitateur d’esprit, un affûteur  d’émotions, « sans art ni culture aucune liberté n’est possible pour l’homme »   Fidel Castro.

 En invitant la Russie nous ne voulons pas chercher un effet, cultiver l’étrangeté, faire un coup,

Nous poursuivons simplement année après année nos propositions de découvertes d’un art populaire qui offre une multitude incroyable de variétés d’expressions.

 

Hommage à deux artistes provençaux :

Lise Berger et Robert Canut

 

En rendant hommage à deux artistes provençaux : Lise Berger et Robert Canut, nous offrons une rencontre essentielle avec deux philosophies opposées, deux créateurs puissants aux styles et aux caractères très affirmés.

 

 

 

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 Lise BERGER Meilleur Ouvrier de France 

 

Cette aimable, douce et gracieuse personne cache bien l’artiste rigoureuse.

Son opiniâtreté et son talent ont redonné une place de choix au santon habillé, un genre qui avait tendance à disparaître.

Chaque personnage qu’elle crée est une œuvre d’importance, et chaque année elle étonne et nous ravi avec ses visages finement sculptés d’où transparaissent et surgissent caractères et personnalités.

Interprète privilégiée de l’âme Lise Berger ne laisse rien au hasard,  fouille, creuse sans cesse l’esprit et la matière humaine pour nous livrer sa vision urbaine ou campagnarde de notre société.

D’une famille originaire du Tarn et Garonne, Lise est née marseillaise dans le quartier de Saint Julien. Papa militaire, puis dans la finance, maman femme au foyer. Adolescence au Trois Lucs avant d’aller plus tard s’installer à Roquevaire qui est devenu son fief.

Après les Beaux Arts,  elle travaille chez Asperti maître restaurateur de tableaux  et de sculptures d’église, c’est chez lui qu’elle commence à travailler et à faire des santons habillés dont elle fera ensuite sa profession lui permettant ainsi de réunir ses passions : sculpture, peinture, couture.

Comme sa grand mère et sa mère, Lise Berger est peintre, elle admire particulièrement Rembrandt et Quentin de la Tour. L’art est toute sa vie, et ce sont les airs d’opéra (Verdi, Mozart) qui accompagnent ses longues journées de travail et de sculpture. L’opéra, et les visites d’exposition constituent d’ailleurs l’essentiel de ses sorties !

Aujourd’hui Lise aimerait pouvoir se consacrer à la création de très grands personnages d’au moins 90 cm. Un nouveau défi pour cette artiste discrète.

 

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Lise Berger expose régulièrement au Salon mais un aperçu plus complet sur l'ensemble de son oeuvre n'avait pas encore été présenté. C'est un hommage attendu et mérité qui va donc lui être rendu.

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Robert CANUT Meilleur Ouvrier de France

 

C’est vrai qu’il est un peu bourru, et surtout rebroussié.

Mais ceux, rares, qui le connaissent bien savent que c’est avant tout un humain intransigeant avec lui-même, artiste exigent, sans concession pour son art, et capable chaque jour de repousser ses limites pour tenter d’assouvir son appétit de recherches.

Jamais repu dès qu’il s’agit de se confronter à la matière : l’ARGILE 

Sans doute le seul vrai amour de sa vie !

Son atelier sent le bonheur et la simplicité frustre des êtres voués tout entier à leur cause. Il aime travailler dans le silence et créer son personnage favori : le berger, où se régaler en regardant la nature dont il ne se lasse jamais.

Santonnier poète, bon vivant, lyrique lorsqu’il parle de l’aïoli (qu’il ne conçoit qu’avec l’huile et l’ail), Truculent avec les choses de la vie, et toujours prêt à se fâcher 3 h ou 30 ans pour ses idées !

Non, Robert Canut n’est pas le dernier des mohicans, c’est tout simplement un Authentique.

Avec des grands parents paysans aux Milles (près d’Aix en Provence) il a de solides racines provençales. La suite est plus chaotique ; Né à Marseille, à 3 ans, le petit Robert se retrouve à l’assistance publique. Il en sort à 14 pour être « placé » au travail dans une faïencerie du quartier de Saint Jean du Désert, près de la Timone, et passe de longues journées à mouler des cigales ! Les affaires de l’entreprise vont mal, on le renvoie et le voila chez un autre faïencier ;Innocenti rue Dragon. De là, il ira à Aubagne travailler chez Proceram, faisant chaque jour l’aller - retour en vélo, et consacrant ses soirées aux cours des Beaux Arts.

En 1958 il trouve un travail moins contraignant rue Commandant Surian chez le santonnier Marcel Carbonel.

Mais Robert Canut a envie d’indépendance et après un refus d’augmentation il s’installe à Pont de Vivaux et crée ses santons de 5 cm dans la cave, ensuite il aura de meilleures conditions chez ses beaux parents à Malpassé, c’est la dernière étape de son incroyable itinéraire Marseillais.

Un passage par le village de Cazan puis Valréas et enfin Tulette dans la Drome provençale où il s’établit durablement, même si aujourd’hui il voudrait vendre sa maison pour créer à Valréas un musée atelier interactif.

 

 

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Mais ce 53ème Salon International d’Arles vous réserve bien d’autres bonheurs :

   

LES MOULES Patrimoine du santonnier

 

 La caractéristique du santon de Provence est le moule, qui n’est qu’un des éléments des différentes étapes de création réalisées par le santonnier. Après avoir inventé et modelé le personnage, vient l’exécution du moule mère. De celui-ci seront tirés d’autres exemplaires identiques qui serviront au travail à l’atelier. Du moule, par estampage on obtient le santon qui est ensuite ébarbé, mis à sécher et cuit à 900 / 950°.Vient alors la dernière partie de la création avec la peinture.

Pour l’artiste le moule est donc bien plus qu’un simple outil de travail ou de reproduction, c’est un patrimoine artistique.

 

 

Georges Cursat

 

Né à Sète le 17 mars 1925, Georges Cursat a débuté dans la vie professionnelle avec son père confiseur, niais c'est vers le métier de santonnier qu'il se tournera. Il travailla avec son beau-père le santonnier Zappoli qui avait sa baraque à la foire de Marseille, ville dans laquelle il débuta son activité le 26 mars 1959. En début d'année 1960, il transporte son atelier à Fontvieille où il y restera jusqu'à sa disparition en avril 2009. Riche de nombreux moules notamment de Bosco et Lagnel, sa production personnelle, faite avec ses propres moules, s'étalera du santon puce au 6, 7, 8. 9, 10 cm et 16 cm - santon vernis cire — avec lequel il gagna le concours en 1960.

Il participa avec son ex beau-père Zappoli au 1er Salon d'Arles en 1958, et l'on a pu voir son travail régulièrement à Arles. Certains se souviennent peut-être des magnifiques compositions qu'ils réalisaient dans le Cloître avec Fdith Longcourty.

Sa fille, Geneviève Marcos, habitant Fontvieille comme son père, a voulu préserver la collection de moules anciens, en les offrant au Salon International des Santonniers. Ainsi nous pouvons vous présenter ce précieux témoignage dont pour certains moules, l'on relèvera la date de 1826, 1874, 1886, 1888...

 

 

Bernard Val

Bernard Val qui fut un fidèle du Salon d’Arles est un artiste aux multiples talents, ses moules se sont malheureusement dispersés, au gré de brocantes et autre marchés, mais fort heureusement deux éminents membres de notre association, Arlette Bertello et Henri Vezolles grands collectionneurs, ont au fil des ans réussi à obtenir un nombre de pièces significatives.

Installé à l’atelier des Couroulus à Plan d’Orgon Bernard après avoir étonné par son audace coloriste a vite conquis la reconnaissance unanime des maîtres du métier. Ses roses et ses violets ont conquis les plus réticents. Excellent créateur santonnier, il était aussi bon musicien, (galoubet, violon...) et son petit restaurant de Saint Rémy était pris d’assaut ! Trop vite parti au royaume des anges il reste ses personnages plein de vie et parfois d’humour et de rares moules que vous pourrez apprécier au 53ème salon avec les tirages en argile.

 

 

 

LA RUSSIE : Pays invité

 

Pays à forte majorité orthodoxe la Russie n’est pas un pays de crèche. Ce sont les icônes qui représentent les scènes religieuses. 

Mais les traditions de Noël y sont très présentes et renaissent peu à peu après une longue période d’interdiction.

On sait qu’au 16ème siècle dans la partie Ukraïna (Ukraine) de ce si vaste territoire la tradition du Vertep (1) était très développée. Il s’agissait d’un petit théâtre portatif de marionnettes avec lequel les artistes donnaient de courtes représentations de la vie de la Sainte Famille et de Noël. Ce serait vers le 18ème  que cette tradition est arrivée en terre Russe.

Le vertep, haut d’environ 1 mètre, large de 60 à 80 cm et environ 30 cm de profondeur, est séparé en deux : en bas la terre, en haut le ciel. Les scènes se déroulent sur l’une ou l’autre de ces parties.

Il y a une quinzaine d’années le Salon d’Arles avait pu présenter brièvement une forme de vertep venu de Biélorussie.

Les années de dictature communiste ont fait disparaître presque toutes les coutumes religieuses avec entre autre une multitude d’interdictions, persécutions des croyants et des prêtres, destruction massive des églises.

Depuis la Perestroïka et les changements de régime dans les années 1990, la religion a repris une place importante dans la vie des Russes. Des images religieuses sont en vente dans les kiosques de rues aux fonctions les plus diverses, bazar, nourriture, sandwich, comme dans les librairies….

 

Les petits théâtres portatifs de Noël sont encore très très rares, mais les crèches ont fait leur apparition grâce en grande partie au tourisme ! On peut ainsi en trouver à peu près régulièrement sur le marché plus ou moins artisanal situé dans le centre de Saint Petersbourg et au gigantesque marché d’Izmailovo à Moscou. Beaucoup d’artisans sont installés dans des villages proches de la capitale russe.

Ils travaillent essentiellement le bois, et font surtout des anges, des Ded Moroz (pères gel, en fait pères Noël) et sa petite fille Snegourotchka (2). On peut aussi trouver selon les régions des œuvres en porcelaine, écorce de bouleau, tissus. Une artiste très renommée pour ses poupées, Galina Maslesnnikova vient même de créer une nativité !

 

-1) vertep signife grotte, crèche ce mot est attaché à la tradition de Noël et de la naissance du Christ, mais il peut aussi être employé dans le sens… repaire de bandits !

-2) Ce sont les personnages incontournables du Noël Russe. Ded Moroz le père gel ou père Noël habillé d’un grand manteau rouge orné de fourrure blanche, c’est un homme plutôt âgé qui a l’air d’un grand père avec une barbe blanche. Ils sont en général très décorés avec des scènes peintes sur leurs manteaux.

Snegourochka sa petite fille est habillée d’une robe bleue ou blanche décorée de paillettes, elle porte sur la tête un magnifique kokochnik – orné de pierres.

 


NOEL en  RUSSIE : 

L’église orthodoxe célèbre Noël dans la nuit du 6 au 7 janvier.

Aujourd’hui en Russie les fêtes de Noël durent pratiquement deux semaines.

La partie la plus importante est la nuit du 31 décembre et le 1er janvier, c’est ce jour là que l’on donne les cadeaux aux enfants. Les 6 et 7 janvier est la fête religieuse, et l’on prolonge cette heureuse période jusqu’au 13, ancienne date du Noël.

Dans un lointain passé, la veille de Noël il fallait s’abstenir de manger avant l’apparition de la première étoile référence à l’étoile qui a guidé les Rois Mages.

Les enfants et les adultes formaient des groupes qui chantaient la gloire de Jésus Christ et allaient de maison en maison. Ils portaient un bâton orné d’une étoile et à chaque maison, car il eut été grand péché que de ne pas les recevoir, les gens donnaient du pain d’épices, des pirogui ou de l’argent. Cette coutume du Koliada semble ne pas avoir résister à la révolution, mais elle est encore très vivante dans certain s pays comme la Pologne et la Roumanie.

La table de Noël devait être saupoudré  de foin, référence à la crèche ou Jésus est né, on la couvrait ensuite d’une nappe blanche. Le repas devait être composé de douze plats : bliny, poissons, pieds de bœufs en gelée, porcelet farci, saucisson maison, bœuf braisé, prigogui, pain d’épice, biscuits au miel et au pavot, ouzvars, boissons diverses et obligatoirement la Koutia dont voici la recette :

Faire cuire le pilpil de blé ou le riz afin d’obtenir une bouillie épaisse, mettre de l’huile pour que les graines ne collent pas, ajouter des raisins secs, des abricots secs coupés en morceaux, les noix broyées, le miel.

 

 

L’ARBRE DE NOEL 

Il y a bien longtemps les Slaves vénéraient Kermis Dieu des cerises, et pour obtenir ses faveurs et avoir une bonne récolte on allumait des bougies sur les branches de cerisiers. Lorsque en 1699 Pierre le Grand a établi un oukaz qui décidait de fêter le nouvel an le 1er janvier, il fut impossible d’avoir un cerisier en fleur en décembre, et peu à peu s’est installée l’habitude sapin de Noël devenu commune au 19ème.

Désapprouvée dès le départ par l’église la coutume prend forme et résiste, les prêtres commencent alors à bénir les sapins et décrètent un peu plus tard qu’il faut décorer le sommet avec une étoile blanche qui représentait l’étoile de Bethléem annonçant la naissance de Jésus au Rois Mages.

Après la révolution de 1917 bolcheviks ne furent pas plus tolérants avec le sapin et l’interdisent en tant que symbole religieux. Mais comme l’église ils vont lutter en vain et en 1936 Pavel Postychev secrétaire du Comité Central du Parti Communiste a eu l’idée lumineuse de repabtiser le sapin : désormais il s’appellerait Sapin du Nouvel An et devenait donc légitime ! 

La même année une grande fête officielle fut organisée au Kremlin avec un grand sapin des jeux et des cadeaux pour les enfants. Et au sommet du sapin l’étoile n’était plus blanche, mais rouge…. 

 

 

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 Réception à la mairie pour la clôture du Salon 2009

 

A voir aussi : Féerie d’un Noël russe

En partenariat avec Provence Prestige, C.C.I. du Pays d’Arles Exposition en centre-ville à la Chapelle Sainte Anne du 20 au 30 novembre de 11h à 18h.Les traditions de Noël en Russie sont tout aussi fortes qu’en Provence. Cette exposition est une chance unique d’en découvrir les secrets. Des artistes Russes ont été sélectionnés pour leur authenticité et leur savoir-faire. Ils y exposeront leurs créations, entièrement réalisées à la main.

Les matriochkas sont en bonne place, puisqu’une impressionnante collection, d’hier et d’aujourd’hui, vous présentera la variété de ces poupées, devenues l’emblème de la Russie. Au total, ce sont plus d’un millier d’objets qui ont été rassemblés (pères Noël, anges, poupées, cartes postales, livres d’enfants, tableaux), comme autant de témoignages d’un passé émouvant.
À ne pas manquer : un véritable village miniature, reproduction fidèle des maisons, isbas et églises russes. Il accueillera près de 500 personnages en pâte à sel, et vous plongera au coeur des préparatifs d’un Noël russe.

Une belle occasion pour les enfants de découvrir une autre culture et d’aiguiser leur intérêt et leur curiosité pour cette nouvelle magie de Noël.
À voir également : des mannequins parés des plus beaux costumes traditionnels, issus des différentes régions de Russie, témoignages vivant de la richesse et de la variété des costumes des 18e et 19e siècles.
Un espace de vente de souvenirs vous permettra également de prolonger le plaisir d’offrir. Les enfants seront eux aussi de la fête puisqu’un petit pôle leur est réservé, avec une jolie sélection de dessins animés russes. Ils pourront ainsi découvrir les contes de cette lointaine contrée, nourris eux aussi de dragons, de sorcières et de bonnes fées.

 


 

Rédigé par Salon International des Santonniers d'Arles sur Rhône.

Publié dans #Information exposition

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