Publié le 31 Janvier 2014

 

 

Nicolas Saboly est né il y a 400 ans le 31 janvier 1614 !

 
Auteur des plus célèbres noëls provençaux toujours chantés aujourd'hui enpériode calendale, Nicolas Saboly est né à Monteux dans le Vaucluse le 31 janvier 1614 d'une famille de berger. Il décède en 1675 à Avignon.
Poète, compositeur et maître de chapelle, il est ordonné prêtre le 27 septembre 1635. Organiste en 1639 à Saint Siffrein à Carpentras, il est maître de chapelle à Arles de 1643 à 1646 puis à la cathédrale d'Aix de 1652 à 1655, à Nîmes en 1659 puis à l'église Saint Pierre d'Avignon.
 

Parmi les Noëls attribués à Saboly, tous n'étaient pas de lui. Ils furent à l'origine publiés sans la musique car chantés sur des airs populaires que chacun connaissait par cœur : Saboly notait simplement un timbre : « sur l'air de l'écho », « sur l'air de la pastouro » ou parfois « sur un air que Saboly a fait ».

 

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Tombeau de Nicolas Saboly dans l'église St Pierre à Avignon

 

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Avignon : la crèche blanche du 2 février dans l'église St Pierre

 

 

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Le Centre de Documentation provençale n' a retenu, dans sa brochure consacrée à cet auteur, qu'une liste de 48 Noëls réellement composés par Saboly

 

D'après l'édition François Seguin, 1856  :

Premier cahier (1667)

1. Iéu ai vist lou Piemount [AIR ORIGINAL, 1660]
2. Bon Diéu! la grand clarta [AIR ORIGINAL]
3. Micoulau noste pastre [air: Nicolas va voir Jeanne]
4. Ai! quouro tournara lou tèms [air: Quand reviendra-t-il le temps]
5. Li a proun de gènt que van en roumavage [air: Toulerontonton]
6. Un pau après lei tempouro [air: L'autre jour, dans sa colère]
7. Ça menen rejouissènço [air: Quand vous serez]
8. Viven urous e countènt [air: Vivons heureux et contents]
9. Per noun langui long dou camin [air: Allant au marché ce matin]
10. Ai! la bono fourtuno [air: Montalay n'est pas fière]
11. Pièisque l'ourguei de l'umano naturo [AIR ORIGINAL]
12. Venès lèu vèire la pièucello [air: Qu'ils sont doux, bouteille jolie (air de Lully pour le Malade imaginaire)]

Deuxième cahier (1668)

13. Ai proun couneigu [air: Pargai puisqu'enfin]
14. Chut! teisas-vous [air de l'Echo, également connu sous le nom de Tarare-Pon-pon]
15. Ourguhious plen de magagno [air: Tircis caressait Chimène]
16. Diéu vous gard', noste mèstre [air: Ce n'est qu'un badinage]
17. Vers lou pourtau Sant-Laze [air: Il faut pour Endremonde]
18. Helas! qu noun aurié pieta [AIR ORIGINAL]

Troisième cahier (1669)

19. Li a quaucarèn que m'a fa pòu [air: On a beau faire des serments]
20. L'Ange qu'a pourta la nouvello [air d'un menuet]
21. Nàutre sian d'enfant de cor [air du Traquenard]
22. Tòni, Guihèn, Peiroun [air: Tout mon plus grand plaisir]
23. Un bèu matin, veguère uno accouchado [air: Tu me défends de publier ma flamme]
24. Cerqués plus dins un marrit establo [air de la Bohémienne]

Quatrième cahier, intitulé Histoire de la naissance de Jésus-Christ (1670)

25. Dòu tèms de l'empèri rouman [air: Berger, va-t-en à tes moutons]
26. Hòu! de l'oustau! mèstre, mestresso [AIR ORIGINAL]
27. Lou queitivié d'aquéu marrit estable [air: peut-on douter?]
28. Sus lou coutau [air: Dis-moi, Grisel]
29. Lei pastourèu [air: Dans ce beau jour]
30. Soun tres ome fort sage [air: Je ne m'aperçois guère]
31. Lei Mage dins Jerusalèn [air: Non, je ne vous dirai pas]
32. La fe coumando de crèire [AIR ORIGINAL]

Cinquième cahier (1671)

33. Lei plus sage - Dòu vesinage [air: Est-on sage?]
34. Lei pastre fan fèsto [air: Aimable jeunesse]
35. Sant Jòusè m'a dit [air: Noste paure cat (Saboly?)]
36. Ben urouso la neissènço [air: Toujours l'amour me tourmente)
37. Aque ange qu'es vengu [air: Un jour le berger Tircis]
38. Despièi lou tèms [air de l'Opéra]
39. Se vàutrei sias countènt [air: Vous dirai bèn soun noum]

Sixième cahier (1672)

40. Me siéu plega - E bèn amaga [air du Postillon]
41. Que disès, mei bon fraire [air: Tout rit dans nos campagnes]
42. Jujas un pàu de quinto sorto [air: C'est un plaisir dans le bel âge]
43. Uno estello [air: La bouteille - Me réveille]
44. Quand la miejo-nue sounavo [air: Iéu n'aviéu uno chambriero]
45. Un ange a fa la crido [AIR ORIGINAL]

Septième cahier (1673)

46. Pastre dei mountagno [air de la Pastouro]
47. Lorsque vous sarés malaut [air: Si vous êtes amoureux]
48. Auprès d'aquel estable [air: Tan matin sies levado]
49. Adam e sa coumpagno [air: Amants, quittez vos chaînes]
50. Jèsu, vous sias tout fioc e flamo [air: Siéu pas ama]
51. Pastre, pastresso [air: Vàutrei, fiheto, qu'avès de galant]
52. Venès vèire dins l'estable [air: Dans le fond de ce bocage]
53. Tu que cerques tei delice [sic] [air: Amarante est jeune et belle]
54. Vesès eici moun Nouvelisto [air non précisé]

Huitième cahier (1674)

55. Proufitas-me lèu, bravo bregado [air: Changerez-vous donc?]
56. Touro-louro-louro! lou gau canto [air de Bourgogne]
57. L'estrange deluge [air: Malgré tant d'orages]
58. Vos-tu qu'anen en Betelèn [air: Chambriero, te vos-tu louga?]
59. Qu vòu faire grand journado [air: Qu'on passe en douceur sa vie]
60. Segnour, n'es pas resounable [air: Jeunes cœurs, laissez-vous prendre]
61. Per vèire la jacènt [air: Se Jano me vòu mau]
62. Sortez d'ici, race maudite [AIR ORIGINAL]

Additions de l'édition de 1704

63. En sourtènt de l'estable [AIR ORIGINAL]
64. Guihaume, Tòni, Pèire [AIR ORIGINAL]
65. A la ciéuta de Betelèn [AIR ORIGINAL]
66. Un ange dòu cèu es vengu [air dei Boudougno] (débute par "Veici lou gros serpènt" dans l'éd. de 1704)
67. Sus! campanié, revihas-vous [air d'un carillon (Saboly)]; également attribué à Louis Puech
68. Noun vous amusés en cansoun [air non précisé]

Noëls inédits (d'après le recueil Bastide[17]).

1. Fau que l'envejo me passe - De rire de tout moun sadou
2. Vous tourmentès plus lou cervèu
3. Desespièi l'aubo dòu jour - Iéu ause dire
4. Iéu siéu Toumas, mai sariéu redicule
5. La naturo e lou pecat - Soun pire que chin a cat
6. Viras, viras de carriero - Bèu soulèu

Fragments (même source)

7. Sian eici dous enfant de cor
8. Bourtoumiéu, me vos-tu crèire?
9. Enfin Diéu es vengu
10. Se li a quaucun doute
11. Bonjour, bonjour, bello bregado
12. Un maset plen d'aragnado
13. Quinto bugado - Avié fa noste paire Adam

Autres noëls fréquemment attribués à Saboly (liste non exhaustive)

  • À la ciéuta de Betelèn
  • Adam qu'ères urous
  • Aquel ange qu'es vengu
  • Bèn urouso la neissènço
  • Bergié qu'abitas dins la plano
  • De bon matin pèr la campagno
  • De matin ai rescountra lou trin (Domergue)
  • Frustèu, esfato ti roupiho
  • Iéu, ai moun fifre
  • La vèio de Nouvè (Peyrol)
  • Revèio-te, Nanan (Bruel)
  • Nàutrei sian tres bòumian (Puech)
  • Qu'aquéu jour es urous
  • Un ange a crida (Peyrol)

Noëls célèbres :

 

"Pèr Nouvé, i Prouvençau fau Saboly, coume pèr Pasco, ié fau d'iòu e pèr Rampau un tian de cese (Pour Noël, aux Provençaux, il faut Saboly, comme pour Pâques, il faut des œufs, et pour le dimanche des Rameaux un gratin de pois chiches)" (Mistral).

 

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Publié le 31 Janvier 2014

 

 

 

YANOVSKI MORA N'EST PLUS
"Yanovski murio, ya esta descando en paz. Gracias por los momentos felices en francia. Fili."
C'est en ces termes que Filiberto nous a annoncé le décès de son frère Yanovski.

Invités du 55ème Salon International d'Arles (27 novembre 2012 - 20 janvier 2013) les frères Mora, artistes cubains,  en résidence artistique pendant un mois au cloître Saint Trophime avaient créé une grande oeuvre en papier mâché, donné des cours aux enfants des écoles et fait des rencontres avec le public.
Peintres, sculpteurs, leur matière de prédilection est le papier mâché, créant des oeuvres gigantesques ou minuscules.
Inséparables, Yanovski et Filiberto  ont été invités à travailler en Australie, Nouvelle Zélande, Singapour, Etats Unis, Grande Bretagne, Espagne, Emirats arabes...et leurs créations sont installées dans une quinzaine de musée à travers le monde. En France c'est à l'invitation de l'artiste Hervé di Rosa qu'ils créent à Sète en 1999 la Caravane de la Spiritualité et une grande crèche en 2012 à Arles pour le Salon International des Santonniers.
Joyeux et bons vivants, facétieux, et dotés d'un immense talent ils habitent au coeur de la Havane vieille ou ils trouvent une source d'inspiration inépuisable.
Yanovski est décédé dans la nuit du 29 au 30 janvier 2014 à  3 h du matin après une maladie qui s'était déclarée en novembre 2013. Nous l'avions, comme son frère Filiberto, tous  beaucoup apprécié pour son humour, son humanité et son si grand talent.
 

 

 

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Filiberto et Yan devant la crèche créée par eux pour le 55ème Salon d'Arles.

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Avec l'équipe du Salon

 

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Filiberto, Philippe Brochier Président du Salon et Yani

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Après un dernier repas partagé avec l'équipe du Salon, à la veille de leur départ pour Cuba, nos amis avaient découvert les joies de la pétanque.

Ce rappel des moments chaleureux pleins de tristesse et de nostalgie conforte plus encore notre amitié pour le frère de Yan et toute leur famille. Adieu l'artiste, merci pour tous ces jours de  bonheur partagés que tu nous a offert !

 

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Rédigé par Salon International des Santonniers d'Arles sur Rhône.

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Publié le 7 Janvier 2014

 

Marius Chave (1909 - 1999) fait partie des santonniers d'Aubagne qui ont contribué à pérenniser la réputation de la ville. Il est le seul santonnier à avoir reçu par écrit l'autorisation donnée par Marcel Pagnol pour santonnifier la célèbre partie de cartes.

Après 1986, son fils Christian lui  succéde  dans son atelier d'Aubagne.

Il mérite une place de choix dans le cadre de l'exposition du 56ème salon consacré à l'histoire du santon et des santonniers provençaux.

Les santons de Marius Chave respirent le vrai, l'authentique, le naturel, sans excès de réalisme ni surcharge esthétisante. Ils n'ont rien de saint-sulpiciens, ils sont simples comme la vie des gens qu'il nous raconte.

La crèche de l'église de Plan d'Aups tout en haut du massif de la Ste Baume est peuplée de grands santons de Marius Chave, un village dans un paysage d'exception qui honore ce grand santonnier.

 

 

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Rédigé par Salon International des Santonniers d'Arles sur Rhône.

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Publié le 3 Janvier 2014

 

 

Si Lagnel est le premier des santonniers, Thérèse Neveu (1866 - 1946) est la plus célèbre santonnière d'Aubagne et de toute la Provence. Née dans une famille de potiers et céramistes elle a le mérite de moderniser la fabrication des santons, créant  pour la première fois un atelier uniquement consacré à la production des santons après son mariage en 1899 avec Louis Neveu, potier de profession.
Elle invente le métier en installant le premier atelier de santonnier professionnel en 1925. Son atelier familial, repris par la suite par ses enfants, fonctionnera jusqu'en 1972. La maison Neveu devient progressivement l'une des plus importantes productrices de santons de Provence et elle fabrique environ 15 000 pièces par an dans les années 1970.

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Novatrice, Thérèse Neveu abandonne la fabrication des santons en argile crue, simplement séchés au soleil, santons très fragiles, en utilisant le four de potier de son frère, le céramiste Louis Sicard (l'inventeur en 1895 de la cigale, posée sur une branche d'olivier, cigale devenue depuis emblématique de la Provence). Cette innovation, d'abord mal perçue, se généralise après la Seconde Guerre mondiale. D'autre part, elle n'a jamais utilisé d'anciens moules, mais crée les siens.

Thérèse Neveu n'est pas la première à représenter des personnages de son temps. Mais elle innove ici encore en choisissant des personnages célèbres et des figures aubagnaises pittoresques : elle réalise les portraits des félibres, au nombre desquels celui de Frédéric Mistral, représenté en chasseur tenant un lièvre à la main (santon déposé au Muséon Arlaten) et celui de Charloun Rieu, sous les traits d'un berger.
L'entomologiste Henri Fabre devient, quant à lui, le vieil homme assis sur un banc, faisant une pose dans son observation des insectes.

 

Thérèse Neveu choisit aussi de représenter, de " santonnifier ", des figures connues et reconnues de tous les Aubagnais.
Le berger couché de la Pastorale a ainsi les traits d'un membre de la famille Neveu.

 

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Pour santonnifier personnages célèbres et gloires aubagnaises, Thérèse Neveu crée ses propres moules sans avoir recours à des moules de Lagnel qui fut un modèle, un initiateur pour les santonniers ; parmi eux, nombreux sont ceux qui ont continué à utiliser ses moules.

 

Margarido d'Aubagne, la cousine du curé, santonnifiée par Thérèse Neveu

L'origine de la santonnification des figures aubagnaises pittoresques mérite d'être racontée.
Le curé Blanc, curé d'Aubagne, recevait chaque année à Noël, sa vieille cousine Margarido, habillée non à la mode du XXème siècle, mais à la mode de sa jeunesse, c'est à dire avec des vêtements taillés et imprimés à la façon des costumes provençaux de la fin du XIXème siècle :
pas de jupe montrant la cheville, comme la mode l'avait imposé à partir de la Première Guerre mondiale, les cheveux cachés par une coiffe, pas de manteau l'hiver et un sac, été comme hiver. 

Margarido   s'appuie sur un bâton et tient un panier à couvercle plat et à petite anse contre son tablier imprimé de fleurettes. Le tablier, élément constitutif du costume provençal, disparaît peu à peu au cours du XIXème siècle, devenant un élément non plus de parure, mais de protection. Thérèse Neveu prend soin de le représenter sous toutes ses formes et longueurs sur les femmes du petit peuple laborieux du pays d'Aubagne, paysannes, poissonnières et autres. En Provence, ce tablier ne possède jamais de bavette.
Sous son chapeau de feutre noir à la bérigoulo, Margarido porte la coiffe en taffetas nouée sous le menton, une coiffe aux rubans blancs.


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Margarido, se promenant dans les rues d'Aubagne au début du XXème siècle, était un personnage pittoresque, du folklore d'un autre temps.
Si on ajoute son caractère très affirmé, son patois, on comprend qu'elle ait impressionné l'artiste qu'était Thérèse Neveu qui s'était amusée à la santonnifier, penchée sur sa canne, accoutrée à son ordinaire, la tête protégée par son antique chapeau. La statuette si ressemblante, appréciée par tous les membres de la famille Neveu, fit son apparition dans la crèche de l'église Saint-Sauveur d'Aubagne, et obtint immédiatement un franc succès populaire ! Les gens d'Aubagne, de Gémenos, de Pont-de-l'Étoile et d'ailleurs, venaient voir la crèche et se réjouir du spectacle qu'offrait Margarido. Puis, il fallait s'y attendre, les commandes affluèrent à l'atelier, et c'est ainsi que Thérèse Neveu commença sa production de personnages bien connus des Aubagnais, des personnes âgées essentiellement, pour lesquelles elle faisait des recherches dans les familles qui avaient conservé d'anciens costumes. Margarido, la cousine du curé d'Aubagne, personne au caractère bien trempé, se hâtait en bougonnant, chaque année, au moment de Noël, vers l'église Saint-Sauveur, pour vérifier que son santon était bien là, dans la crèche.
La création de Margarido est à l'origine du développement de l'atelier qui mobilise alors, pour la peinture, Léonie et Marie-Rose, les deux filles de Thérèse, et son fils Étienne qui crée, avec sa mère, les moules des nouveaux entrants de la crèche aubagnaise, soit 70 personnages pittoresques ou paysans d'Aubagne et de ses environs. Pour santonnifier personnages célèbres et gloires aubagnaises, Thérèse Neveu façonne donc ses propres moules sans avoir recours à des moules de Lagnel. Elle introduit une rupture dans la tradition santonnière en abandonnant les moules de Lagnel ainsi que les modèles vêtus à la façon du XVIIIème siècle (comme le berger de Lagnel), pour les habiller de costumes provençaux d'une mode ultérieure.

 

Les figures de grande et de moyenne dimensions sont peintes à l'huile, alors que les figures de dimensions réduites sont peintes traditionnellement à la détrempe, c'est à dire avec des pigments de couleurs broyés puis dissous dans de l'eau et mélangés à une colle servant de liant. La peinture à la détrempe exige un trait sûr, avec une grande rapidité d'exécution, car les couleurs sèchent vite et ne sont pas reprises facilement. Les personnages les plus emblématiques de la crèche ne sont pas reproduits en séries identiques, comme nous le montrent les clichés des santons de Margarido et de Virginie.
L'atelier Neveu destine les plus grands santons aux églises, des figures de plus de 40 cm de haut ; il produit quatre tailles de santons entre 10 et 20 cm, et les santons ordinaires de petite taille.
De l'atelier sortent donc des pièces de différentes tailles, et, en particulier des pièces d'une vingtaine de centimètres de hauteur, plus proches de la statuette que le santon de taille réduite. Ces pièces de grande dimension demandent beaucoup plus de travail et de temps de réalisation que les santons ordinaires.  

 

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Margarido de la Pastorale Maurel

Mais ne confondons pas la Margarido de la pastorale Maurel avec la Margarido aubagnaise de Thérèse Neveu. La confusion pourrait venir du prénom Margarido (Marguerite en Français), prénom très répandu alors. La Margarido de la pastorale, une femme âgée aussi, se rend vers l'étable, juchée sur son âne, ce qui n'est pas le cas pour notre Margarido aubagnaise qui se déplace dans Aubagne et non à la campagne. La Margarido de la pastorale Maurel apporte ses offrandes dans un panier couvert d'un linge blanc et elle y a ajouté une pompe à l'huile.
Ses épaules sont couvertes d'un châle fleuri et se jupe en cotonnade piquée imprimée se déploie sur sa monture. Thérèse Neveu a santonnifié les deux Margarido.

 

Virginie de Garlaban
Virginie  Bérenger, autre figure pittoresque d'Aubagne, appelée Virginie de Garlaban, une paysanne dévote, venait vendre ses deux lapins chaque semaine au marché d'Aubagne. Elle est identifiable grâce à ses lapins, à son grand parapluie et aux rubans de sa coiffe dont la couleur varie en fonction des fêtes de l'Église. Virginie, comme Margarido, est donc aisément identifiable, grâce à des détails
qui peuvent passer inaperçus aujourd'hui, mais qui, dans la culture provençale d'antan, sont porteurs de sens et identifient une personne, donnent à voir un caractère. Grâce à ces détails, Virginie la dévote ne se confond pas avec Margarido, pourtant cousine du curé !

 

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 L'Arlésienne, un type de beauté, une élégance, reconnus par toute la Provence...


Les Arlésiennes, vers le milieu du XIXème siècle, avaient voulu se donner un costume spécifique, et ce choix explique l'originalité de leur coiffe, comme la richesse des tissus de leurs vêtements, faits souvent de belles soieries et non de simples indiennes comme c'est le cas pour les vêtements de la vie quotidienne. Elles arborent des pendants d'oreilles ornés de pierres dures comme les grenats ou les diamants et des montres en or portées en sautoir, des ombrelles, ont les mains gantées, signe d'un raffinement urbain.
La création du riche costume de l'Arlésienne est un acte volontariste, qui précède l'action de Frédéric Mistral ; celui-ci, inquiet des modifications de la société entrée dans l'ère industrielle, voue sa vie à la défense de l'identité provençale, et la crée, d'une certaine façon. La fondation du Félibrige, en 1874, a pour but de défendre et diffuser la langue provençale.

 

 

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La Farandole. Pièce exceptionnelle et rare de Thérèse Neveu, une des plus remarquables de l'exposition. Merci aux collectionneurs particuliers, amis du Salon, qui ont bien voulu la prêter.

 

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Photos de santons de Thérèse Neveu exposés au 56ème Salon d'Arles ouvert jusqu'au 12 janvier 2014 dans les salles du Cloître Saint Trophime (XIIème et XIIIème siècles). Arles, place de la république, accès par la cour de l'Archevêché . 

Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h (sauf 25 décembre et 1er janvier).

entrée : 2,60 €, gratuit popur les enfants et les jeunes de moins de 18 ans accompagnés d'un adulte.

renseignements : 04 90 52 31 92 - 04 90 96 22 88 - 04 90 18 41 20

 

Source des textes : Georges Berni "Dans les pas de Marcel Pagnol"

 

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Publié le 3 Janvier 2014

 

 

Sur le thème du santonnier au travail, professionnels et amateurs, répondant à l'invitation des responsables du Salon, ont fait oeuvre de création originale pour offrir au public leur vision personnelle de ce métier.

Ces réalisations que l'on peut découvrir dans les salles du rez de chaussée pour la plupart, viennent compléter celles déjà présentées plus loin dans le cadre du concours du meilleur santon.

Le Salon d'Arles a pour vocation essentielle de favoriser la création d'oeuvres nouvelles et d'offrir au public un large panorama des diverses facettes que revêt cet art qui pour être populaire n'en demeure pas moins un art à part entière.

 

 

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  La maison du santonnier.  Jacques Sens , Merville.

 

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  Jean Bouchet, Châteaurenard, atelier La Pervenquiero.

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Arlatenco  de Marseille (Florence Guigues), a mis en scène le travail de l'argile, notamment la fabrication des tuiles moulées sur la cuisse. Contraste avec le santonnier qui travaille la terre dans une dimension plus réduite.

 

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Henri Vézolles, santonnier d'Arles a mis en scène des enfants venus admirer le travail du santonnier

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Pascal Atoch, amateur, a beaucoup travaillé à la réalisation de cet atelier, avec au premier plan sa petite fille venue admirer son propre travail.

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  Santonnier au travail, par Yvonne  Vancayseele du Paradou.

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  Lei Santoun di Corto, bien qu'amateur a réalisé un véritable travail d'artiste qui fait l'unanimité.

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  autre réalisation remarquable signée Lei Santoun di Corto.

 

Fichier hébergé par Archive-Host.comPaul Fouque ( exposition 3 siècles d'histoire du santon) :l'atelier du santonnier et la santonnière

 

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Rédigé par Salon International des Santonniers d'Arles sur Rhône.

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Publié le 1 Janvier 2014

 

Santons et Santonniers vous souhaitent leurs meilleurs voeux pour 2014. Philippe Brochier et toute l'équipe du Salon International des Santonniers d'Arles se permettent d'être leur porte parole en ce premier jour de l'an nouveau et vous présentent aussi à vous touttes et tous visiteurs de ce blog leurs voeux personnels.

Le  56ème salon présente l'histoire du santon soit plus de 3 siècles d'histoire. Un bel hommage par la même occasion au métier de santonnier qui a été choisi comme  thème du concours de création du meilleur santon de l'année.

Les créations nouvelles que ce thème a inspirées aux santonniers donnent de ce métier une image  particulièrement attachante, chargée d'émotion qui nous donne encore plus envie d'aimer davantage ces petites créatures qui font de Noël une des plus belles fêtes qui soit au monde.

 

Toutes ces oeuvres sont exposées au Salon qui est ouvert jusqu'au 12 janvier 2014.

 

 

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Le 56ème Salon International des Santonniers d'Arles est ouvert jusqu'au 12 janvier 2014 dans les salles du Cloître Saint Trophime (XIIème et XIIIème siècles). Arles, place de la république, accès par la cour de l'Archevêché . 

Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h (sauf 25 décembre et 1er janvier).

entrée : 2,60 €, gratuit popur les enfants et les jeunes de moins de 18 ans accompagnés d'un adulte.

renseignements : 04 90 52 31 92 - 04 90 96 22 88 - 04 90 18 41 20

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Rédigé par Salon International des Santonniers d'Arles sur Rhône.

Publié dans #Information exposition

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