Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles

Publié le 4 Novembre 2015

Daniel Gayraud d'Agnel, santonnier à Maillane, est bien connu du public des visiteurs du Salon d'Arles où il expose régulièrement ses créations. Ce fidèle du salon reste cependant à l'écart des circuits commerciaux et sauf une ou deux, ne fréquente guère les foires aux santons. Discret, loin de l'agitation des villes, il est resté fidèle à sa conception du santonnier traditionnel qui travaille seul, en artisan, créant ses modèles de santons, ses moules, décorant ses santons avec sa propre palette de couleurs. Avec sa grande taille et sa barbe généreuse il ressemble au berger de la crèche. Amoureux de la Provence, de la Camargue et de ses traditions, il compose des scènes d'une authenticité véritable, sans surcharge ni recherche d'effets colorés. Respectueux de la tradition du santon provençal, il nous donne à voir avec simplicité, charme, complicité la vie quotidienne du temps passé. Il excelle en particulier dans la réalisation de chevaux et taureaux de Camargue. Ses modèles sont comme vivants et ses attelages sont si bien faits qu'on les croirait en mouvement. Voilà un hommage amplement mérité à un santonnier qui fait honneur à la profession. Un exemple à suivre.

Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'ArlesHommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'ArlesHommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'ArlesHommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles

Gayraud D'Agnel dans son atelier, avec son frère Christian et son épouse Jeannette.

Daniel Gayraud d’Agnel

 

Ce sont les chemins de la vie qui ont conduit ce marseillais à Maillane, via Arles.

Son père, René, marin et ensuite chef de bureau était habile et inventif ; passionné de soldats de plomb qu’il fabriquait lui-même, il créait aussi des jouets en aluminium pour ses enfants et Daniel se souvient qu’une fois il avait réalisé pour eux deux petits santons !

 

René a des origines cévenoles, Raymonde la maman un petit peu aussi mais elle a surtout des ascendants du coté de la Corse. Installés à Mazargues puis au Chartreux ils ont eu trois enfants qui ont fait chacun de belles carrières : Christian l’aîné dessinateur puis santonnier, Daniel, et Rolland le caganis chercheur au CNRS.

 

De son enfance marseillaise Daniel garde le souvenir des allées de Meillan avec la traditionnelle balade à la Foire aux santons où il découvrait ici et ailleurs Caillol, Gaubert, Blanc, Pesante et Devineau avec les nativités et autres sujets dit Nantais.

Bien sûr il y avait la crèche à la maison, comme presque partout, et une année l’œuvre de ses parents a obtenu un prix au concours de l’Escolo de la Mar.

Plus tard avec son frère aîné Christian ils imaginent des santons pour créer de nouvelles scènes, dans la crèche.

 

A 16 ans il voulait être berger parce que… « j’adorais voir les santons bergers, toujours appuyés sur leur bâton ! »! C’est un cousin vigneron qui a fini par l’en dissuader en lui expliquant que les bergers n’étaient pas toujours appuyés sur leur bâton… Mais le premier santon qu’il créera plus tard sera pourtant bien un berger appuyé sur son bâton, un sujet en terre crue qui fut victime d’une fuite d’eau !

 

Après l’adolescence et les études les figurines d’argile provençale sont oubliées. Daniel est employé à la mairie de Marseille : Agent territorial chargé des permis de construire.

 

Un hiver un peu avant  1970 en vacance dans la vallée du Quyeras pour patiquer les sports d’hiver, il rencontre la femme de sa vie ; Jeanne Marie est professeur de français à Arles, où tout naturellement les jeunes mariés s’installent. Daniel étant toujours dans son emploi à  Marseille.

 

Après quelques années d’oubli les santons reviennent dans sa vie : à la sortie du bureau il fait une balade à la Foire et achète des Feldman-Gelato à peindre. Puis vers 1975 il participe au concours de crèches du Salon des Santonniers et peu à peu va naître sa passion pour cet art populaire qu’il continue de découvrir au Salon d’Arles.

 

La famille Gayraud s’agrandit et c’est à Maillane que Daniel et Jeanne Marie trouvent, rue Notre Dame, une vieille maison à restaurer au prix qui leur convient. Daniel continue à faire les aller retour en train et Jeanne Marie en voiture à Arles.

 

Nous sommes au début des années 80 Daniel travaille dur ; les travaux de la maison tout seul, son emploi, et cela ne l’empêche pas de commencer à créer ses santons !

Une petite expo à Saint Rémy, la crèche faite pour sa fille Pauline au Salon d’Arles ; une crèche modulable pour laquelle il créait chaque année des scènes différentes. Puis des crèches pour la famille, parents, neveux, nièces…

Son frère, Christian suit à peu près le même chemin à La Cadière d’Azur avec au début des santons habillés avant de se convertir complètement à l’argile avec lesquels il gagne rapidement une grande réputation ; des santons très finement travaillés, méticuleusement décorés et très recherchés car la production n’est pas abondante. Daniel lui n’a fait que deux santons habillés dans toute sa carrière : un ravi et un rémouleur pour la crèche de l’église de Graveson.

 

Bien installé à Maillane, physique imposant, genre géant débonnaire, épicurien plein de sagesse, visage rond orné, d’une joyeuse barbe fleurie qui lui donne l’air d’un humble et paisible vieux philosophe, Daniel est de plus en plus santonnier ses sujets et ses scènes qu’il affectionne particulièrement ont grand succès.

«Le santon échappe à toutes les règles, et n’obéit pas aux canons classiques de l’esthétisme »

 

Passion Santon mais pas que ! Il aime aussi passionnément les chevaux et le monde équestre. Son truc c’est l’attelage qu’il pratique régulièrement pour le plaisir et même en compétition. Un bonheur qu’il prolonge dans son autre monde en créant à l’échelle de ses santons : guimbardes, cabriolets, tombereaux, bétaillères, charrettes, diligences…

 

Sans être gardien du dogme c’est un classique qui s’interdit toute transgression, et donc pas question pour lui de mettre dans la crèche : curé, gendarme, église, oratoire.

« Chaque fois qu’il y a eu des tentatives de moderniser ça n’a jamais beaucoup duré. Même les personnages des années 1950/1960 sont très limités dans les possibilités d’expressions. Oui bien sûr on peut faire un pompier, un policier mais après… ?  Il y a une uniformisation de l’habillement alors à part un avocat ou des fonctions bien définies par des vêtements spécifiques, infirmière, docteur etc… Une crèche en costume cravate n’a pas vraiment d’intérêt. Et c’est pour cela que l’on reste essentiellement dans les 18ème et 19ème siècles dans lesquels il y a des métiers  et des personnages très typés dans le genre comme dans les habits, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui. »

 

L’homme tranquille, discret, qu’il a toujours été cultive ses passions presque secrètement ; chevaux, attelage, restauration de charrettes, il aime Georges Brassens et Léo Ferré, la peinture : d’abord Claude Monnet et les impressionnistes. Et aussi Delacroix, Géricault (surtout pour ses chevaux) Picasso dans certaines œuvres et Brayer.

 

Evidemment ce sont les santons qui restent toujours au centre de sa vie :

« Faire des santons et la crèche c’est comme un rite, une continuité, quelque chose qui se renouvelle et donne un sentiment de bonheur familial fort. Pour moi c’est la félicité, une communion, comme une poésie que l’on vit avec tous, ensemble au même moment. »

Philippe Brochier,

président du Salon International des Santonniers d'Arles.

 

Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'ArlesHommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'ArlesHommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'ArlesHommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'ArlesHommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles

Scènes de Camargue et crèche camarguaise présentées en 2008

Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles
Hommage à Gayraud d'Agnel au 58ème Salon International des Santonniers d'Arles

Rédigé par Salon International des Santonniers d'Arles sur Rhône.

Publié dans #Focus sur Gayraud D'Agnel

Repost 0
Commenter cet article